Investir dans l’avenir : contre l’initiative dite « Stop au blackout »

30.05.2026

La Jeunesse Socialiste Suisse rejette fermement l’initiative dite « Stop au blackout », ainsi que le contre-projet adopté par le Conseil fédéral en été 2025 qui visent à ré-autoriser la construction et l’exploitation de nouvelles centrales nucléaires sur le territoire suisse. Cette initiative constitue un retour en arrière inacceptable et marquerait un tournant grave de la politique énergétique suisse, nous ramenant à une vision obsolète et arriérée de l’énergie « durable ». De plus, le projet est en contradiction directe avec la volonté populaire exprimée en 2017 lors de la votation d’adoption de la Stratégie énergétique 2050, qui prévoit une sortie progressive du nucléaire et un développement massif des énergies renouvelables1.

La production d’énergie nucléaire, contrairement à ce que l’initiative sous-entend, n’est pas respectueuse du climat. L’exploitation du nucléaire amène de nombreuses conséquences néfastes liés à l’exploitation d’une énergie si instable qui repose sur une industrie lourde, extractiviste et dangereuse, et qui a provoqué parmi les plus grands désastres humanitaires des derniers siècles2. En parallèle, le nucléaire produit des déchets radioactifs qui n’ont aucune solution de traitement ou de renouvellement sûr ou pérenne, mais qui doivent être isolés de la biosphère durant des milliers, voire des dizaines de milliers d’années3. Faire peser le fardeau de la production à court terme sur des centaines de générations est incompatible avec toute vision durable de la société et n’est pas une alternative sérieuse à la production d’énergies alternatives comme le solaire, l’éolien ou l’hydraulique, ou la diminution de la consommation d’énergie à travers la décroissance.

De plus, les arguments des soutiens de l’initiative ne tiennent pas la route. Des mesures ont déjà été adoptées en 2026 par le Conseil fédéral pour pallier l’incertitude quant à l’importation d’énergie et aux pénuries en hiver4. En réalité, de nouvelles centrales nucléaires ne seraient exploitables que dans plusieurs décennies et coûteraient des milliards de francs. Elles ne répondraient donc aucunement aux défis énergétiques actuels et constitueraient une diversion de vrais efforts politiques pour la neutralité carbone en 2050, à savoir la décroissance et l’investissement dans des énergies propres et indépendantes d’États autoritaires qui possèdent l’uranium nécessaire au nucléaire5.

Il est également indispensable de mentionner qu’en Suisse, la transition énergétique a débuté, avec notamment la formation de professionnel·le·s spécialisé·e·s de l’exploitation d’énergies durables et la réorientation des travailleuses et travailleurs des domaines de l’énergie. Mettre un terme à cette réorientation de l’emploi en Suisse serait un non-sens politique et un pas en arrière terrible pour les travailleuses et travailleurs.

La Jeunesse Socialiste Suisse refuse une initiative qui souhaite faire retourner la Suisse au nucléaire. Cette initiative, en plus de présenter des arguments fallacieux, est anti-démocratique et représente un retour en arrière dans la politique énergétique suisse. Nous refusons de revenir à une vision arriérée, centralisée et dangereuse de l’énergie.

La JS Suisse :

  • Appelle au refus de l’initiative dite « Stop au Blackout »
  • Soutient un référendum contre l’initiative dite “Stop au Blackout”, s’il est lancé
  • Revendique un investissement public, massif et planifié, en faveur des énergies renouvelables et de la décroissance nécessaires à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050
  • Revendique de véritables mesures politiques en faveur d’une politique énergétique de notre temps et pour les travailleuses et travailleurs

1 https://www.uvek.admin.ch/fr/energie-votation

2 https://www.greenpeace.org/usa/climate/issues/nuclear/

3 https://www.greenpeace.ch/fr/communique-de-presse/127832/dechets-nucleaires-suisse/

4 https://www.uvek.admin.ch/fr/securite-de-lapprovisionnement-en-electricite

5 Neda Todorova, Uranium sector sensitivity to financial and geopolitical risks, Economics Letters, Volume 255, 2025, 112475, ISSN 0165-1765