Plus jamais de guerre: Pour une politique socialiste de la paix

28.03.2015

Papier de position approuvé lors de l'Assemblée Annuelle du 28-29 mars 2015

I. L’ordre mondial capitaliste

La chute du rideau de fer en 1989 a mis fin à la période du soi-disant «socialisme réel» et a marqué la fin de la guerre froide et de la division du monde entre l'Est et l'Ouest qui fut marquée par une course effrénée à l’armement et de violents affrontements. Le succès du capitalisme qui suivit cette période a radicalement changé le monde. La puissance des marchés et des entreprises a continué d'augmenter, gagnant de plus en plus le pouvoir de façonner la politique des pays. Les institutions internationales reconnues comme l'ONU qui ont fourni une médiation entre les blocs, ont été affaiblies et le FMI et la Banque mondiale transformés en agents du néolibéralisme. L’affaiblissement des institutions ou leurs dévoiements font que, aujourd’hui, la politique internationale est régie par l’anarchie et donc, la loi de la jungle. La politique internationale est axée sur les intérêts de la classe possédante qui les défend impitoyablement.

L'écart entre riches et pauvres ainsi qu’entre Nord et Sud a considérablement augmenté durant cette période. L’inégalité des répartitions de la richesse mondiale a atteint un point qui n’avait jamais été approché depuis le début du 20ème siècle. Un pourcent de la population mondiale détient désormais quarante-huit pourcent de la richesse mondiale[1], alors que 880 millions de personnes souffrent encore de la faim et que 1.4 milliard de personnes vivent dans l’extrême pauvreté [2]. Le monde est confronté à la dégradation de l'environnement et aux changements climatiques qui frappent particulièrement les plus pauvres de ce monde et qui devraient, dans l’avenir, empirer.

Le nouvel ordre capitaliste n’est pas synonyme d’un monde plus paisible, au contraire, les guerres et les violences ont augmenté et pris de nouvelles formes qui touchent très durement les populations civiles. La guerre est, aujourd’hui, encore un élément important des politiques nationales. Le militarisme et la course mondiale à l’armement, qui par le passé ont conduit à des catastrophes, n’ont jamais disparu. L'idéologie qui a favorisé l'oppression et la violence comme moyen de gouverner et répandre la paix, existe encore. 25 ans après la fin de l'Union soviétique, le monde n’est pas arrivé à la "fin de l'histoire", mais au contraire, est sujet à des changements violents et terribles.

II. Les causes des conflits et les conséquences

Les guerres de notre époque sont l'expression d'une répartition inégale des richesses. La lutte pour les ressources et les marchés est souvent concrétisée par des moyens militaires. Dans le monde capitaliste, la guerre est une lutte pour le capital et les matières premières, mais aussi un mécanisme nécessaire. Les conflits de nature religieuse, alimentés par des idéologies violentes ou par l’égoïsme des nations ont souvent une raison économique sous-jacente.

La guerre et les crises ont transformé de nombreux endroits de notre planète en lieux de meurtres et de barbarie. Là où des villes entières sont bombardées, où des régions sont dévastées et où les droits humains sont violés, vivre dans la dignité devient impossible. Là où l'humanité et la civilisation ont été détruites, il ne peut pas y avoir de futur pour les nouvelles générations.

Des centaines de milliers de personnes sont aujourd'hui contraintes de se soumettre à cette violence. Pour échapper à cette folie, ils sont obligés de fuir vers d'autres pays. La souffrance de ces miséreux est inimaginable. Ils sont vendus, maltraités, violés et exploités. Leur destin ne dépend pas de leurs désirs, de leur volonté ou de leurs choix, mais du bon vouloir des belligérants. Cette fuite s'avère souvent être une mission suicide. Rien qu’en 2013, le nombre de réfugiés morts en Méditerranée est estimé à 25'000[3]. Pour cette violence. Pour échapper à cette folie, ils sont obligés de fuir vers d'autres pays. La souffrance de ces miséreux est inimaginable. Ils sont vendus, maltraités, violés et exploités. Leur destin ne dépend pas de leurs désirs, de leur volonté ou de leurs choix, mais du bon vouloir des belligérants. Cette fuite s'avère souvent être une mission suicide. Rien qu’en 2013, le nombre de réfugiés morts en Méditerranée est estimé à 25'000. Pour beaucoup, le trajet se termine aux barrières de l’Europe, dans une tombe faite d'eau. Et, s’ils survivent au voyage, ils devront prouver leurs souffrances et subirent des traitements inhumains.

Après une guerre, ceux qui ont survécu sont laissés à eux-mêmes et souvent sont confrontés à la destruction totale de leur foyer. La guerre détruit durablement les cultures et l’humanité, mais aussi le potentiel économique de régions entières. Cela renforce les inégalités sociales et prépare le terrain pour plus de militarisme et pour de nouvelles guerres. La guerre augmente aussi les inégalités d’une manière différente : elle permet l'existence de groupes militaires qui gagnent du pouvoir et de l'influence, grâce au conflit. Ces groupes motivés par le racisme et la haine religieuse détruisent leur pays, chacun selon son genre. La plupart des hommes sont exposés au risque de la mort et ceux qui y participent activement sont traumatisés à vie par l'expérience. Les femmes éprouvent généralement de différents, mais non moins terribles, risques: Les violences contre les femmes pour déstabiliser l’ennemi sont encore très répandues. En particulier, l'agression sexuelle et le viol utilisé comme une arme psychologique qui détruit le combattant et sa famille, semant la terreur dans les populations civils.

III. Les politiques étrangères et de sécurité

Les actuelles politiques de sécurité ou étrangères sont principalement dédiées à protéger les intérêts du capitalisme. Dans la bataille pour les ressources naturelles, la guerre est considérée comme un moyen légitime de politique étrangère. Les invasions sont appelées de manière hypocrite « mesures de maintiens de la paix » ou «diplomatie soutenue militairement ». Les politiques d'exportations d'armes de nombreux pays occidentaux exploitent la misère des peuples vivant dans les zones de guerre pour s’enrichir. Les acteurs politiques sont contrôlés par les puissants lobbys des armes et n’assument aucunes responsabilités.

L'ONU, dont la fondation après la Seconde Guerre mondiale a représenté un progrès historique considérable, perd aujourd'hui de plus en plus de sa pertinence. Elle a été manipulée par les grandes puissances pouvant utiliser leur droit de véto et a en conséquence bafoué ses idéaux au profit des interêts de certains, s’éloignant de l’objectif déclaré en 1945 : « pour protéger l’humanité des fléaux de la guerre ». La Cour pénale internationale (CPI) et les tribunaux ad hoc renforcent généralement la protection des droits de l'homme et contribuent à l'application effective du droit international humanitaire. Cependant le manque d’universalité des compétences de ces institutions diminue leur efficacité. En raison de l'absence de reconnaissance de ces institutions par de grands pays comme la Chine, la Russie et les Etats-Unis, les poursuites systématiques des violations du droit international humanitaire sont impossibles. De plus le droit de veto du Conseil de sécurité est utilisé pour empêcher la condamnation de ces infractions. Les infractions graves comme des crimes contre l'humanité, génocides et crimes de guerre peuvent donc maintenant échapper à toute justice. La souffrance indescriptible résultant de génocides et le manque de justice restent donc jusqu'à aujourd'hui la raison de nombreaux conflits.

De plus, la torture et les mauvais traitements sont encore monnaie courante. Dans la soidisant «guerre contre le terrorisme » qui a été amorcée par les attaques terroristes de 2001 aux États-Unis, les pratiques inhumaines sont revenues à la mode dans les pays occidentaux. Ainsi, non seulement des milliers de personnes ont souffert d’humiliation et de traitements cruels, mais en plus, nous avons bafoué les valeurs de notre civilisation.

IV. Pas de paix dans la guerre!

Actuellement, une trentaine de guerres et de conflits armés font rage sur notre planète. Ils sont la cause directe de millions de morts, de blessés et de traumatisés. Ces conflits détruisent la civilisation, la justice et le progrès social pour une longue période. Jamais, depuis la Seconde Guerre, le monde n’a jamais connu un nombre si élevé de réfugiés. La guerre et les crises ont transformé de nombreux endroits de notre planète en lieux de meurtres et de barbarie. L'ONU estime le nombre de réfugiés, de demandeurs d'asile et de réfugiés intérieurs, en 2014, à plus de 50 millions[4]. Chacune de ces personnes a ainsi été privée du droit fondamental à la liberté, à l'autodétermination, à une condition de vie digne et à la vie. C’est la catastrophe humanitaire de notre temps !

Nous, la Jeunesse Socialistes, ne pouvons pas accepter la guerre et la violence. Dans notre lutte pour un ordre mondial pacifique, nous pointons du doigt les racines du problème : le militarisme et le capitalisme.

En tant que socialistes, nous nous considérons comme des antimilitaristes et notre objectif reste la suppression de toutes les armées. Cela inclut un processus de désarmement qui diminue la menace des armes de toute nature dans le monde et assure la sécurité de tous les états participants. Comme mouvement socialiste, il est pour nous également clair que la lutte contre la pauvreté, l'oppression et l'exploitation ne doit jamais s’arrêter aux frontières nationales. La paix est plus que l'absence de guerre. La paix signifie l'élimination de la violence et l’application des droits de l'homme.

Pour nous, les droits de l’homme politiques, individuels et sociaux sont équivalents et indissociables. La voie du socialisme démocratique, dans le sens de la démocratisation de tous les domaines de la vie quels qu’ils soient, est pour nous le chemin de la paix et de l’application des droits humains. Nous voulons développer les droits sociaux à l’échelle mondiale. De ces faits, les droits humains sont toujours antagonistes à l'ordre capitaliste. Par conséquent, la mise en œuvre des droits de l'homme exige également le renversement du capitalisme.

a) Les politiques étrangères et de sécurité doivent d’abord être des politiques de paix!

Pour nous, les politiques étrangères et de sécurité doivent toujours être des politiques de paix. Aujourd'hui, elles sont malheureusement encore sujettes à des politiques guerrières. L’objectif ne devrait pas être de défendre les intérêts économiques des classes dirigeantes, mais la promotion de la justice sociale dans le monde, de la démocratie, des droits humains et de la paix. Pour cela, la réduction de l’armement mondial doit être poursuivit. L'interdiction des armes de destruction massive, la lutte contre la prolifération des armes légères, l’interdiction de l'exportation de matériel de guerre et l’interdiction d’investir dans la recherche militaire sont autant de mesures à appliquer. En outre, la prévention des conflits doit être la priorité, de sorte que la violence et la guerre soient évitées avant le déclenchement.

L'Union européenne a joué un rôle crucial après la Seconde Guerre mondiale pour empêcher toute guerre entre les Etats-nations sur le continent. Dans un contexte de capitalisme mondialisé, le pouvoir de ces Etat-nations est de plus en plus limité, les politiques d’intégration progressive des peuples des autres continents et l’intensification des conflits des pays émergents donnent un rôle crucial à l’Europe à l’avenir. Cependant, l’UE a aussi contribué aux conflits et aux guerres aux abords de ses frontières et pratiqué une politique étrangère violente au cours des dernières années. La jeunesse socialiste est pour une Europe unie, mais pour cela l’Europe doit revoir en profondeur sa politique étrangère.

La Suisse ne peut pas rester en retrait sur le plan international, au contraire : elle doit activement promouvoir la paix, la justice sociale et la promotion durable du droit internationale et humain. La Suisse a une longue tradition de politique étrangère de neutralité. Cela est dû au fait que la Suisse n’est toujours pas membre de l'OTAN et qu’elle n’a guère participé à des opérations armées à l'étranger. Il est vrai que la Suisse ne participe pas aux politiques impérialistes violentes d'autres puissances ou de blocs, et elle ne devrait pas le faire à l'avenir. D'autre part, elle doit élargir son implication dans la «diplomatie de bons offices » et augmenter la part des dépenses de coopération au développement par rapport au PIB. En tant que petit pays, la Suisse, dépend d’institutions internationales fortes qui se sont engagées à l'application des droits de l'homme et le renforcement de la paix. C’est la seule façon par laquelle elle peut préserver et développer sa souveraineté et ses droits démocratiques. En plus des organisations non gouvernementales, l'ONU, l'OSCE et l'Europe jouent un rôle important dans la mise en œuvre de la politique de paix. Le nécessaire doit être mis en œuvre pour soutenir cette neutralité active de la Suisse.

b) Renforcer le droit international et droit du travail!

Les grandes entreprises et les milices armées misent à part, les états restent les plus grands acteurs de la politique internationale. Mais, les états sont de plus en plus les représentants d’une minorité ou le bras armé des intérêts financiers mondiaux. L’application du droit international et des droits humains ne semble plus être la priorité. L'idée du droit international et des droits humains et leur mise en place était un combat des opprimés contre leurs oppresseurs. Ils sont maintenant solidement établis dans la Charte des Nations Unies après les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Le droit international est une expression de la volonté des états d’être lié par des lois et des règles.

La mise en œuvre cohérente du droit international humanitaire et des droits de l'homme est la base pour une politique de paix globale réussie, et donc, pour nous une priorité. Libre est celui qui est protégé contre la mort, la torture, la famine, le sexisme et le racisme, qui peut vivre librement ses convictions ou sa religion. Aujourd’hui, cette liberté est violée chaque jour. Ceci interdit le développement de l’humanité et déstabilise des sociétés entières. Ici, la force de la justice contre la loi de la jungle doit être réalisée, comme une expansion du CPI et la réforme démocratique de l'ONU. Le premier pas est d'abolir le droit de veto au Conseil de sécurité et de renforcer l'Assemblée générale.

Cependant, la loi a ses limites. Les zones grises sont exploitées. Et les lois sont encore régulièrement violées. Lorsque les lois manquent ou qu’elles ne peuvent pas être mises en œuvre efficacement, les solutions sont à chercher à l’international en garantissant les droits démocratiques des peuples. Lorsque la souveraineté et la sécurité d'un État ou d'une nation sont, de manières illégales, sérieusement violés, la communauté internationale est appelée à appliquer la loi et à sanctionner les violations. Les mesures civiles et diplomatiques doivent en premier lieu être exploitées. L’ONU peut, depuis 2005, utiliser le principe de la «responsabilité de protéger» (R2P) et fournir l’aide militaire de la communauté internationale. Mais, cela uniquement dans des cas d’urgence et de dernier recours, comme contre les génocides.

Pour la JSS, il est clair que l’utilisation des ressources militaires doit être un dernier recours. Elle doit être une décision commune dans un cadre stricte avec pour objectif d’empêcher les violations les plus graves des droits de l'homme. Cela doit être mis en place par une commission indépendante avec un mandat clair de l'ONU et doit rester l’exception absolue. En effet, nous sommes convaincus que les opérations militaires ne peuvent pas créer une paix durable. : cela ne peut s’obtenir que par des mesures préventives des conflits et un travail sur la société civil.

c) Soutenir la démocratie et la justice sociale!

La paix et le capitalisme sont deux choses incompatibles. Lorsque les ressources et les opportunités sont réparties de manière inégale, la justice devient impossible, et sans justice, il n’y a pas de paix. Notre lutte pour la paix est donc aussi une lutte contre l'inégalité sociale croissante et pour un ordre économique juste et démocratique. Les droits humains doivent s’appliquer à tous ; pas juste à une minorité privilégiée. L’immense pauvreté existante à notre époque est systémique. Elle est une partie inhérente du système capitaliste mondialisé. Le dépassement du capitalisme est donc une étape vers un monde plus juste et vers une meilleure protection des droits humains. La fin de la misère serait la meilleure protection contre le nationalisme, l’extrême droite et le fondamentalisme religieux, qui sont les causes de nombreuses guerres.

La lutte pour une plus grande égalité économique et plus de justice sociale est une lutte politique faite contre les dominants. Plus précisément, elle nécessite des majorités démocratiques pour la redistribution de la richesse, pour une meilleure solidarité et un processus de démocratisation des moyens de production. Offrant au peuple le droit à l'autodétermination et la liberté nécessaire à la recherche de solutions pacifiques aux problèmes de notre temps. Pourtant, ce changement n’est possible que s’il est suivi d’une alliance internationale qui change l’équilibre du pouvoir du monde, permettant d’effectuer un passage vers un nouvel ordre économique qui soit basé sur le droit international et les droits humains.

d) Fournir des solutions aux problèmes liées à l‘immigration!

La migration a toujours été un catalyseur important de l'histoire humaine et les droits humains. Cependant, la migration involontaire sous la forme de personnes déracinées de force expose presque toujours les migrants au racisme et à l'hostilité des pays d’accueil.

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le monde n’a jamais connu un nombre si élevé de réfugiés. Ils fuient la guerre, la persécution, la violence et les inégalités sociales. En tant que Jeunes Socialistes, il est de notre devoir de lutter pour s’assurer qu’ils obtiennent asile et protection. Pourtant, il nous faut aussi combattre ce qui les a contraint à fuir : qu’ils soient forcés de quitter leurs pays pour des raisons économiques, politiques ou religieuses ne fait aucune différence pour nous. Une politique de migration efficace lutte contre l’injustice mondiale, cause des migrations involontaires, et offre l’asile quand cela est nécessaire. Elle ne s’attaque pas aux demandeurs d’asile. Le droit d’asile doit être cohérent et la coopération au développement être renforcée.

V. Pour la solidarité internationale!

Notre objectif d'un monde pacifique ne se réalisera pas de lui-même. Ce n’est que par notre travail et l’aide d'innombrables autres personnes que nous pouvons faire ce changement. Le PS Suisse joue dans cette lutte un rôle important et nous, jeunes socialistes, devons leur rappeler leurs responsabilités. Pourtant, la mise en place d’une politique de paix exemplaire en Suisse ne suffira pas à garantir la paix mondiale. Cette paix ne peut s’obtenir que par une lutte internationale. Par conséquent, nous somme membres de la Young European Socialists et de l’International Union of Socialist Youth pour créer les conditions propres à ce changement. C’est ainsi que nous allons gagner des majorités pour une politique socialiste de la paix ; pour notre lutte pour un monde libre, juste et solidaire.

[1] Oxfam (2015): Richest 1% will own more than all the rest by 2016. http://www.oxfam.org/en/pressroom/pressreleases/2015-01-19/richest-1-will-own-more-all-rest-2016 (zit. 25.1.15)

[2] Morrell, Dan (2011): Who Is Poor? In: Harvard Magazine 2011/1. http://harvardmag.com/pdf/2011/01-pdfs/0111-9.pdf (zit. 25.1.15)

[3] Friederichs, Hauke; Grefe, Christiane; Ladurner, Ulrich (2013): Der Schock, und jetzt? Lampedusa: Das Massengrab im Mittelmeer - Die Helfer auf See. In: Die Zeit 2013/42. http://www.zeit.de/2013/42/lampedusa-fluechtlinge-europa-politik (zit. 25.1.15)

[4] United Nations High Commissioner for Refugees (2015): Mid-Year Trends 2014. Genf. http://unhcr.org/54aa91d89.html?#_ga=1.253771400.1076829647.1421664493 (zit. 25.1.15)