Résolution adoptée lors de l'assemblée des délégués de la JS Suisse, le 30 mai 2026 à Moutier
En déclarant «il n’appartient pas aux employeuse·eurs de garantir un salaire permettant de subvenir aux besoins essentiels », Roland Meier, directeur de l’Union patronale, a fait preuve d’une rare franchise. Exposant ainsi clairement ce qui a toujours tenu à cœur aux dirigeant·es économiques et aux responsables des associations bourgeoises : réaliser des profits au détriment de la population active. Et ça, poussé jusqu’au point où selon elles et eux les travailleuse·eurs ne devraient même pas forcément être en mesure de vivre de leur travail. Aujourd’hui, les conséquences de leurs politiques sont palpables : les salaires stagnent, tandis que le coût de la vie augmente et que le pouvoir d’achat de la population s’effondre. Nous ne sommes pas dupes : le système est en crise.
Sans surprise, les propositions des employeuse·eurs ne servent pas les intérêts de la population. Et malheureusement, les propos de Roland Meier ne sont que reflet de la réalité, car aujourd’hui les négociations des conventions collectives de travail (CCT) apportent de moins en moins d'améliorations aux conditions de travail de la population. Et là où les CTT n'existent pas, les salaires des travailleuse·eurs à faibles ou moyens revenus stagnent.
Mais ce n’est pas seulement lors des négociations directes avec les chef·fes d’entreprise que les travailleuse·eurs sont de plus en plus désavantagé·es. En effet aujourd’hui, divers projets sont débattus au sein des Chambres fédérales pour permettre aux employeuse·eurs de maximiser leurs profits au détriment des employé·es.
L'un d'entre eux est connu sous le nom de motion Ettlin. Ce conseiller aux États, originaire de Suisse centrale, l'a déposée dans le but de permettre de fixer des salaires inférieurs à ceux prévus par la loi, en s'appuyant sur les conditions négociées dans les conventions collectives de travail. En mars, le Conseil National et le Conseil des États ont approuvé une loi intégrant cette motion. Cette loi doit désormais être définitivement adoptée par le Conseil National lors de la session d'été. Ainsi, à l’avenir, les salaires minimaux cantonaux, introduits par des votations populaires, pourront être contournés. Ce n’est pas seulement un déni des décisions démocratiques cantonales, mais aussi un camouflet pour tous les travailleurs et travailleuses à
bas salaires.
Dans le tas de projet débattu, se trouve également une initiative cantonale Zurichoise, qui réclame douze dimanches d'ouverture par an, ainsi qu'un projet visant à imposer des conditions moins favorables en matière de « télétravail », autorisant des journées de travail pouvant aller jusqu'à 17 heures. Il s'agit là d'une atteinte aux droits durement acquis des travailleurs et travailleuses.
Pour la Jeunesse Socialiste suisse, il est clair que toutes les attaques contre la classe ouvrière doivent être systématiquement repoussées. Si un référendum est lancé contre la motion Ettlin, la Jeunesse socialiste suisse le soutiendra. Une chose est sûre : le système capitaliste, sans cesse en crise, engendre ces attaques. Il doit être aboli et remplacé par le socialisme.